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Communiqué de presse

08 avril 2010

Des acquisitions qui ne font pas le compte en 2009

En 2009, les acteurs du capital-investissement européen, qui souhaitaient créer de la valeur pour les sociétés de leur portefeuille au travers d’acquisitions complémentaires (add-ons), ont souvent vu leurs plans contrariés; c’est ce que montre l’étude annuelle publiée ce jour par la firme de capital-investissement européenne Silverfleet Capital, spécialisée dans ce domaine.

L’étude European Buy & Build Monitor, publiée par Silverfleet Capital en collaboration avec Mergermarket, conclut que les add-ons en Europe ont considérablement diminué en 2009, reculant de près de 50% à 203 opérations, et atteignant le plus bas niveau observé depuis 2004. La valeur totale des opérations a également baissé à un peu plus de 3 milliards de livres sterling, ce qui montre une contraction sensible par rapport aux 23,4 milliards de livres sterling de 2007 et constitue le niveau le plus faible en termes de valeur depuis 2003. Si ces chiffres reflètent globalement le recul de l’activité des fusions-acquisitions, ils montrent aussi que les opérations de build-up représentent une proportion moindre de l’activité des fusions-acquisitions dans son ensemble.

Selon Neil MacDougall, Managing Partner de Silverfleet Capital : « Les entreprises qui auraient été en position d’effectuer des acquisitions ont été confrontées à plusieurs obstacles, comme le manque d’actifs de qualité sur le marché, le manque de financement pour ces acquisitions, et des vendeurs qui n’avaient pas ajusté leurs attentes de valorisation qui restaient trop élevées. En outre, les équipes dirigeantes de sociétés qui étaient confrontées à un lourd endettement et à un avenir incertain, ont eu en général peu de marge de manœuvre pour envisager des acquisitions. »

Celles qui ont réussi à réaliser des opérations de build-up l’ont fait avec plus de fonds propres et moins de levier. Silverfleet Capital a récemment syndiqué une partie des fonds propres investis dans Kalle, société basée en Allemagne qu’elle a acquis en août 2009 dans le but de faire de cette société une plateforme d’acquisition et de consolidation sur le marché des boyaux pour la charcuterie, augmentant ainsi sensiblement la capacité de financement disponible pour des acquisitions complémentaires. La mise en place d’une ligne de financement bancaire pour procéder à des acquisitions n’était en effet pas envisageable économiquement, du fait de son coût extrêmement élevé.

A quoi faut-il s’attendre en 2010 ? Après les frustrations de l’an passé, beaucoup d’entreprises commencent à observer des améliorations sur leurs marchés. Avec une économie stabilisée, la visibilité sur les performances des entreprises s’est améliorée.

Neil MacDougall reste convaincu que le buy & build est une stratégie essentielle de création de valeur. « Même en 2010, les fonds d’investissement doivent payer le prix fort pour acquérir des sociétés destinées à servir de plateformes; des multiples d’entrée plus faibles sur les opérations de build-up et les synergies que ces opérations apportent seront clés pour générer des TRI acceptables pour les investisseurs. Nous pensons par conséquent qu’à mesure que le marché des fusions-acquisitions va se redresser et que les banques se montreront plus désireuses de soutenir les entreprises solides, la proportion d’opérations de build-up se rétablira en 2010-2011. »